city on the move

Villes et mobilités
Bouge l’architecture !
Exposition présentée par l’Institut pour la ville en mouvement PSA Peugeot Citroën au Mondial de l’Automobile 2002.
Du 28 septembre au 13 octobre 2002 Porte de Versailles



En ville, tout bouge mais pas forcément dans le bon sens. Tati s’en est amusé, en son temps, dans ses films critique de la modernité des années 60. Aujourd’hui, la vitesse s’est emparée de notre cadre de vie, bouleversant complètement notre approche de la ville. Mais pourquoi les lieux de déplacement ne seraient plus des lieux urbains, des espaces porteurs d’urbanité ?
L’Institut pour la ville en mouvement a choisi le théâtre du Mondial de l’automobile, qui se tiendra à la Porte de Versailles, fin septembre 2002, pour attirer l’attention du grand public, venu rêver sur d’excitantes cylindrées et de nouveaux concept-cars, sur la question essentielle de la qualité de la ville. Non aux espaces repoussoirs !
Bien qu’il s’inscrive dans la logique du développement durable, le propos n’est pas d’ordre écologique, mais bien d’ordre civique. L’espace public se doit d’être à la fois esthétique et pratique, pour le piéton, le cycliste comme pour l’automobiliste. C’est un enjeu de société. C’est la dimension créative de la ville en mouvement que l’exposition «Bouge l’architecture !» s’attache à démontrer.
Car dans cette ville contemporaine où toutes les vitesses se croisent, le piéton est trop souvent dans l’impossibilité de franchir, d’accéder. Dans son quotidien, l’usager de la ville est maltraité. Ce qui est censé protéger (rond point, écran anti bruit et autre dispositif «anti urbain»…) est en fait facteur de rupture et de séparation.
En quoi la conception d’espaces peut-elle alors apporter des éléments de réponse ? C’est tout l’enjeu de cette exposition- manifeste qui veut mettre le phare sur l’architecture de ces nouveaux lieux. Loin du gentil modèle «Amélie Poulain» qui produit des pastiches néohaussmaniens en série, c’est une nouvelle urbanité, en effet, qui se profile dans ce panorama de la ville moderne, d’après une sélection d’expériences déjà testées en Europe et de projets à venir.
«Bouge l’architecture !» veut agir comme un remue-méninges sur le terrain de la pensée de la ville contemporaine, plus que jamais placée sous le signe de la fluidité des réseaux. Dépassant la mono fonctionnalité inhérente à la question du transit, de la desserte, et autre ingénierie savante des transports, «Bouge l’architecture !» met en exergue de nouvelles pratiques de la ville. De plus en plus, des activités prennent place dans des lieux de mobilité, exemple cette galerie d’art à Zurich greffée sur un atelier de pneumatiques, lui même raccordé à une gare ; ou bien cet espace muséal qui a pris place au cœur d’une gare routière à Cordoue ; ou bien encore ces bureaux accrochés au tablier d’un pont à l’entrée de l’A14 à Nanterre.
Il ne s’agit donc pas d’établir le catalogue des équipements innovants en matière de déplacement et de multimodalité, mais de mettre l’accent sur d’authentiques améliorations de la ville imaginées par les équipes d’architectes, d’urbanistes, de paysagistes… Une nouvelle génération de parkings, de ponts, de gares, de bureaux, de centres commerciaux, et même de ronds points… est ainsi en train de voir le jour.
Par l’originalité des projets et réalisations présentés, l’exposition démontre que plaisir et confort ne sont pas antinomiques de pérennité et sécurité. C’est une invitation au voyage – comme à la promenade - en territoire de modernité, pour redécouvrir des mots ( avec les concepts architecturaux qui les sous-tendent) aussi simples que parcourir, traverser, franchir, accéder, changer, échanger, stationner, résider… La vraie ville, en somme.
Francis Rambert

Commissaires de l’exposition :
Didier Rebois, directeur de l’Ecole d’architecture de Clermont Ferrand, secrétaire général d’EUROPAN, fédération européenne de concours d’architecture
Francis Rambert, journaliste, critique d’architecture au Figaro
Directeur scientifique :
François Ascher, président du Conseil scientifique et d’orientation de l’Institut pour la ville en mouvement, professeur à l’Institut français d’urbanisme (Université Paris 8)


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