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Villes et mobilités ![]() En ville, tout bouge mais pas forcément dans le bon sens. Tati sen est amusé, en son temps, dans ses films critique de la modernité des années 60. Aujourdhui, la vitesse sest emparée de notre cadre de vie, bouleversant complètement notre approche de la ville. Mais pourquoi les lieux de déplacement ne seraient plus des lieux urbains, des espaces porteurs durbanité ? LInstitut pour la ville en mouvement a choisi le théâtre du Mondial de lautomobile, qui se tiendra à la Porte de Versailles, fin septembre 2002, pour attirer lattention du grand public, venu rêver sur dexcitantes cylindrées et de nouveaux concept-cars, sur la question essentielle de la qualité de la ville. Non aux espaces repoussoirs ! Bien quil sinscrive dans la logique du développement durable, le propos nest pas dordre écologique, mais bien dordre civique. Lespace public se doit dêtre à la fois esthétique et pratique, pour le piéton, le cycliste comme pour lautomobiliste. Cest un enjeu de société. Cest la dimension créative de la ville en mouvement que lexposition «Bouge larchitecture !» sattache à démontrer. Car dans cette ville contemporaine où toutes les vitesses se croisent, le piéton est trop souvent dans limpossibilité de franchir, daccéder. Dans son quotidien, lusager de la ville est maltraité. Ce qui est censé protéger (rond point, écran anti bruit et autre dispositif «anti urbain» ) est en fait facteur de rupture et de séparation. En quoi la conception despaces peut-elle alors apporter des éléments de réponse ? Cest tout lenjeu de cette exposition- manifeste qui veut mettre le phare sur larchitecture de ces nouveaux lieux. Loin du gentil modèle «Amélie Poulain» qui produit des pastiches néohaussmaniens en série, cest une nouvelle urbanité, en effet, qui se profile dans ce panorama de la ville moderne, daprès une sélection dexpériences déjà testées en Europe et de projets à venir. «Bouge larchitecture !» veut agir comme un remue-méninges sur le terrain de la pensée de la ville contemporaine, plus que jamais placée sous le signe de la fluidité des réseaux. Dépassant la mono fonctionnalité inhérente à la question du transit, de la desserte, et autre ingénierie savante des transports, «Bouge larchitecture !» met en exergue de nouvelles pratiques de la ville. De plus en plus, des activités prennent place dans des lieux de mobilité, exemple cette galerie dart à Zurich greffée sur un atelier de pneumatiques, lui même raccordé à une gare ; ou bien cet espace muséal qui a pris place au cur dune gare routière à Cordoue ; ou bien encore ces bureaux accrochés au tablier dun pont à lentrée de lA14 à Nanterre. Il ne sagit donc pas détablir le catalogue des équipements innovants en matière de déplacement et de multimodalité, mais de mettre laccent sur dauthentiques améliorations de la ville imaginées par les équipes darchitectes, durbanistes, de paysagistes Une nouvelle génération de parkings, de ponts, de gares, de bureaux, de centres commerciaux, et même de ronds points est ainsi en train de voir le jour. Par loriginalité des projets et réalisations présentés, lexposition démontre que plaisir et confort ne sont pas antinomiques de pérennité et sécurité. Cest une invitation au voyage comme à la promenade - en territoire de modernité, pour redécouvrir des mots ( avec les concepts architecturaux qui les sous-tendent) aussi simples que parcourir, traverser, franchir, accéder, changer, échanger, stationner, résider La vraie ville, en somme. Francis Rambert Commissaires de lexposition : Didier Rebois, directeur de lEcole darchitecture de Clermont Ferrand, secrétaire général dEUROPAN, fédération européenne de concours darchitecture Francis Rambert, journaliste, critique darchitecture au Figaro Directeur scientifique : François Ascher, président du Conseil scientifique et dorientation de lInstitut pour la ville en mouvement, professeur à lInstitut français durbanisme (Université Paris 8) |
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