" Mobilités pour l'insertion ! "
Dernière modification : 13/05/08
city on the move…

Programme

La problématique de la journée pourrait être résumée simplement de la façon
suivante : à la question, quel est votre principal besoin pour reprendre un emploi, un allocataire du RMI sur cinq estime qu’il s’agit de trouver un moyen de transport.
Le coût des transports et l’absence de moyens de transport sont les contraintes les plus couramment exprimés par les personnes en insertion qui recherchent un emploi.

Comment alléger ces contraintes ?
Derrière une problématique simple se trouve un enchevêtrement d’enjeux pour les politiques publiques. Du point de vue des individus, les interventions publiques doivent proposer des solutions, parfois alternativement et parfois de concert, à trois types de problèmes :
• L’accès au permis de conduire ;
• L’accès au véhicule ou aux modes de transports alternatifs;
• La prise en charge des coûts de transport.
• L’enjeu est donc de faire du sur-mesure. La réponse à apporter n’est pas la même selon que la personne a ou non déjà le permis… Elle n’est pas la même selon qu’une personne qui vit dans un centre ville et peut facilement emprunter les transports en commun, n’est pas la même que celle à apporter à une personne qui vit en zone rurale…




L’Institut pour la ville en mouvement participe à la
Rencontre territoriale du grenelle de l’Insertion
Lyon, 5 mai 2008

Le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté,
le Conseil général du Rhône,
la Communauté urbaine du Grand Lyon
En partenariat avec l’Institut pour la ville en mouvement (IVM),
Organisent une rencontre territoriale du grenelle de l'Insertion sur le thème Mobilité et insertion


Forum « Mobilités pour l’Insertion »
Des innovations, des analyses



Télécharger le programme et les problématiques abordées
Télécharger la synthèse du projet
Télécharger les conférences et les présentations du Forum
Télécharger la synthèse du Forum "Mobilités pour l'insertion !"

Après avoir mené des études nationales, organisé un colloque scientifique international en 2002 et conçu et animé pendant deux ans une plate-forme d’échanges et d’expérimentations de terrain en partenariat avec 6 associations, l’Institut pour la ville en mouvement a mis en débat la question du « quatrième pilier de l’insertion » : la mobilité. Le Forum « Mobilités pour l’insertion » organisé les 6 et 7 octobre 2005 à Saint-Nazaire avait ainsi pour objectif de rassembler autour d’ateliers, de conférences, de débats et de témoignages toutes les parties prenantes, pour une approche opérationnelle de ce nouvel enjeu social.

Rappelons tout d’abord les principaux constats qui ont amenés, dans le cadre des travaux de recherche d’une part et d’analyse expérimentale et opérationnelle d’autre part, à l’organisation de cet événement national.
Nous vivons dans une société dispersée. Aller au travail, chez le médecin, faire ses courses ou visiter des amis impose d’être mobile. Le train, l’avion, le métro et la voiture sont aujourd’hui les organisateurs de notre vie quotidienne. Que se passe-t-il lorsqu’une personne ne peut pas se déplacer ? La moitié des 3,5 millions d’allocataires des minima sociaux déclarent que les difficultés de mobilité sont un obstacle à leur réinsertion sociale et professionnelle.
Pourquoi ? Parce qu’ils ont raté le permis de conduire, parce qu’ils ne savent pas lire le plan du métro, parce qu’ils habitent une campagne dépourvue de transports collectifs, parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter et d’entretenir une voiture.
En empêchant l’accès au travail, à la formation, à la santé, l’immobilité maintient les précaires dans la précarité: faire du surplace dans l’espace géographique, c’est faire du surplace dans l’espace social.
Les territoires se fragmentent, s’étalent, se dispersent. Il ne s’agit plus d’aller de la périphérie au centre mais de sillonner en tous sens des territoires toujours plus vastes.
Le travail aussi se fragmente. L’emploi de courte durée, à temps partiel, en horaires décalés représente les deux tiers du marché du travail en 2003.

Dans ses principes, cette double fragmentation est la même en ville, dans le périurbain et en milieu rural.

Ces changements valent pour tous les groupes sociaux. Mais tous n’ont pas les mêmes moyens d’y faire face. Les femmes, les jeunes peu qualifiés, les personnes issues de l’immigration sont particulièrement pénalisés par la mise en mobilité de la société

Pourquoi un Forum ?

Partout en France et à l’étranger, des associations, des collectivités locales et des services de l’Etat innovent et inventent des aides à la mobilité permettant à des femmes isolées, à des jeunes illettrés, à des personnes ne maîtrisant pas la langue française, d’élargir les territoires de leurs vies quotidiennes.

Ces innovations prennent de multiples formes : transports collectifs bien sûr, mais aussi transport à la demande, taxi social, transport micro collectif, prêt et location de vélos, de deux roues, de voitures, de camionnettes, covoiturage, garages associatifs, préparation spécifique au permis de conduire.

Ces démarches ne sont plus nouvelles ; certains dispositifs fonctionnent depuis 10 ans.
Ces démarches ne sont pas rares ; elles se comptent aujourd’hui par centaines – mais les porteurs des projets ne connaissent encore que rarement leur voisin.

Le Forum « Mobilités pour l’Insertion » a permis dans ce contexte de rassembler plus de 450 participants représentant :

Des associations, centres sociaux, associations intermédiaires et entreprises d’insertion, chantiers écoles et entreprises de travail temporaire d’insertion

Des services de l’Etat en charge du travail, de la lutte contre les exclusions, des transports, de l’accessibilité, de la politique de la ville, de la cohésion sociale 

Des élus et services des collectivités locales en charge de la politique de la Ville, de l’action sociale, de l’urbanisme et des transports

Des entreprises, opérateurs de transports, grands groupes du génie urbain, groupes recrutant pour des postes peu qualifiés

Des universitaires et chercheurs publics et privés s’intéressant au développement local et à l’économie solidaire, à l’exclusion sociale et à la mobilité

De manière générale, le monde du transport et le monde de l’action sociale.

Le premier enjeu du Forum était d’amener à débattre des personnalités représentatives de sphères d’activité habituellement éloignées, mais dont nous avions identifié le nécessaire rapprochement dans le cadre du partage d’un diagnostic transversal : la mobilité n’est pas qu’une question de transport ; l’action sociale ne peut pas répondre seule aux problématiques de mobilité des personnes en difficulté ; la mobilité constitue, avec le logement, la santé et la formation, le quatrième pilier de l’insertion.

Un diagnostic développé et illustré par les deux conférences du Forum :
« La mobilité nécessaire, quelles réponses en France et à l’étranger ? » par Jean-Pierre Orfeuil, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris et directeur de publication de l’ouvrage collectif Transport, pauvreté, exclusion
« La mobilité n’est pas qu’une question de transport » par Eric Le Breton, directeur scientifique du programme « Mobilités pour l’insertion » et auteur de Bouger pour s’en sortir – Mobilité quotidienne et intégration sociale

Ce diagnostic nous semble désormais partagé, même s’il conviendra d’en diffuser plus largement encore les principaux constats. Retenons ainsi à titre d’exemple l’objectif que se fixe désormais le Groupement des autorités responsables de transport (GART) de soutenir la mise en œuvre d'un « service public de mobilité durable », qui intègrerait aussi bien les grands axes de développement des aires urbaines que les besoins des territoires moins denses, caractérisés par des flux de déplacements faibles et des besoins plus individualisés.
Au-delà, les personnes en présence, associations, services des conseils généraux, élus, autorités de transport, représentants des taxis, etc. ont mieux identifié la nécessité de se rapprocher pour développer des politiques et méthodes d'action communes.
Le second enjeu du Forum consistait en un partage des innovations et des expériences de terrain. Un partage qui se voulait tout d’abord opérationnel : les neuf interventions successives en
« cinéma permanent », qui ont rencontré un succès impressionnant, avaient pour but de livrer des enseignements très pratiques de projets menés avec succès sur le terrain depuis plusieurs années. Les intervenants et participants ont ainsi pu mieux appréhender la mise en place technique ou pédagogique d’un auto-école sociale ; les critères de mise en œuvre d’un service de location à très bas prix de 2 et 4 roues, le fonctionnement d’un transport à la demande, des méthodes pédagogiques autour des questions de
mobilité « de base » (faire du vélo, se repérer dans un réseau de transports collectifs…), etc.
Les limites de ces actions ont été mises en exergue : non pérennisation des financements, difficultés techniques, difficultés d’ordre juridique (accidents, assurances, droit à développer un service de transport, etc.).
Mais ces actions ont toutes démontré leur efficience, aussi bien, souvent, sur le plan économique (coût de revient parfois inférieur au coût de revient moyen du transport collectif) et bien sûr sur le plan social : dans tous les cas, entre 20 et 40% des personnes sortent du dispositif d’aide pour retrouver une vie sociale et professionnelle plus stable ; dans les actions dédiées à l’apprentissage de la conduite, jusqu’à 80% de réussite au code et 60% de réussite au permis.
Toutes ces questions ont été abordées, sous un autre angle, au cours des cinq table-rondes du Forum qui ont mis en présence des représentants de collectivités territoriales ou de l’Etat, de structures représentatives de l’action sociale, de groupes du génie urbain, d’élus, etc.
Les débats tenus lors de ces tables rondes constituaient le troisième objectif du Forum : aboutir, au-delà de la valorisation naturelle des efforts de chacun, à des logiques convergentes, à l’identification de pistes de progrès social et territorial, parfois à la remise en cause de systèmes et de méthodes désormais inadaptées aux réalités des quelques 6 millions de nos concitoyens actuellement en situation, peu ou prou, d’« empêchement de mobilité ».
La synthèse de ces débats très animés sera disponible dans un numéro exceptionnel de la revue Urbanismes à paraître en mars 2006.



Télécharger les conférences et les présentations du Forum

Conférences :

La mobilité nécessaire, quelles réponses en France et à l’étranger ?
par Jean Pierre Orfeuil, Professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris et président de la chaire universitaire de l’IVM
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La mobilité n’est pas qu’une question de transport
par Eric Le Breton, Sociologue, Université de Rennes 2/RESO et directeur scientifique du programme « Mobilités pour l’insertion »
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Cinéma permanent :

Les ateliers de mobilité de la RATP - Mike Rackelboom,
Mission prospective de la RATP
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Le transport à la demande en périurbain - Emilie Lengagne,
Responsable du pôle mobilité de l’Afeji Nord
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Le diagnostic des empêchements de mobilité
Mélanie Gachelin, Responsable du secteur insertion
de la Fédération des maisons de quartiers de Saint-Nazaire
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Être illettré et réussir l’examen du permis de conduire
Danièle Coudert, Directrice de la Mission locale de Royan
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Louer des voitures aux demandeurs d’emploi
Jean-Pierre Clair, Directeur de l’association AIL 46 à Cahors
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Les enjeux de la nouvelle géographie de l’emploi
Nadine Foussard, directrice de l’association En route vers l’emploi à Brest
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L’expérience d’un généraliste de l’aide à la mobilité
Bertrand schaller, directeur de Transport mobilité solidarité à Salon-de-Provence.
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