institut pour la ville en mouvement - psa peugeot citroen

Édition du Mardi 29 Juin, 2010 4:43 PM

La cérémonie du Grand Prix de l’urbanisme 2009 a rendu hommage le 24 novembre 2009 au lauréat François Ascher (1946-2009), président du Conseil scientifique et d’orientation de l’IVM depuis sa fondation en juin 2000
■ Un débat organisé au Carrousel du Louvre a précédé cette manifestation autour de la pensée et de l’engagement de François Ascher en faveur du lien entre la recherche et l’action urbaine. Un portrait croisé de François Ascher a été dressé par Georges Mercadal, ancien président du plan construction et Xavier Fels, secrétaire général de l’IVM.

■ « François Ascher, une pensée pour l’avenir », par Alain Bourdin
24 novembre 2009, Cérémonie de remise du Grand Prix d’urbanisme 2009


Parution de deux ouvrages :

Organiser la ville hypermoderne, aux éditions Parenthèses
Sous la direction d’Ariella Masboungi, publié par le Grand Prix d’Urbanisme,  sur l’œuvre et les écrits de François Ascher. Esprit impertinent, il aura interpellé décideurs et professionnels pour doter cette ville hypermoderne d’une vision et d’un dessein afin de guider son aménagement sans céder à la tentation d’une forme de dirigisme qui a fait son temps, car la ville ne se décrète pas. Mais elle peut être conduite en restant à l’écoute des appétences sociales, du marché et des acteurs multiples qui la fabriquent.

L'âge des métapoles de François Ascher, aux Editions de l’Aube.
Collection Monde en cours. 392 pages

C’est par l’analyse de la société que l’on peut comprendre et expliquer la ville. Les grandes régions urbaines contemporaines - les métapoles- matérialisent les nouvelles caractéristiques de la société hypertexte. Elles en sont comme l’avant-garde. Aussi un nouveau capitalisme cognitif et écologique apparaît où l’individu-roi peut « naviguer » entre les situations, les connaissances, les croyances, les milieux sociaux…accroissant les différenciations sociales.
Les textes de François Ascher réunis et préfacés par Alain Bourdin permettent de saisir les grands processus qui façonnent aujourd'hui la société et la ville. Ils partent de différents points de vue, la politique, l’alimentation, la vie quotidienne…et utilisent de nouvelles métaphores en laissant la place à l’imprévu qui est l’une des caractéristiques de notre modernité.

Homme de dispositifs et de projets, il a animé scientifiquement les différents thèmes de travail de l’IVM, initié et dirigé lui-même ou co-dirigé ses principales actions.
Ce fut le cas du Colloque de Cerisy «les sens du mouvement» où il a largement développé la notion de Droit à la mobilité, des expositions «Bouge l’architecture – villes et mobilité», des atlas en relief et sonores des transports collectifs en Ile de France pour les personnes aveugles et malvoyantes, de nombreux séminaires internationaux dont le premier portant sur l’intermodalité en Chine, du festival des taxis qui s’est tenu à Lisbonne en 2007 et plus récemment de l’exposition «La rue est à nous…tous !» qui circule dans le monde entier ainsi que l’édition de son catalogue.
Ces derniers mois, il avait préparé le dispositif d’auditions publiques «Changement climatique, mobilités urbaines et Cleantech» et animé une première réflexion sur le design écologique.
Sa réflexion sur les liens entre mobilité et sociétés contemporaines continuera à inspirer les actions de l’IVM.

Théoricien de l’hypermodernité il en a développé l’analyse dans des domaines très différents dont il montrait les connexions: la ville, l’alimentation, la politique ("La société hypermoderne", "le mangeur hypermoderne", "la société change, la politique aussi").
Son dernier ouvrage «Examen clinique - journal d’un hypermoderne» est une mise à l’épreuve, par l’expérience intime de la maladie, de sa théorie de l’hypermodernité.

Observateur des évolutions urbaines partout dans le monde, il a pointé très tôt l’apparition de la « métapole », les mécanismes liant mobilité et urbanisation, la ville territoire en attente de projets. Penser les transformations structurelles de la société contemporaine est au cœur de ses travaux. Il a développé la thèse de l'hypermodernité : non la fin de la modernité ou du capitalisme, ou de la ville, mais au contraire leur "radicalisation", leur "exagération. Plus récemment, il a montré comment l'écologie ouvrirait des possibilités de rebond grâce à de nouvelles "marchandises écologiques" et développé l’hypothèse d’une économie des cleantech comme second moteur d’un capitalisme cognitif et environnemental.

Acteur très engagé dans son temps, il s’est fait un devoir de s’exprimer sur la marche du monde sans complaisance ni crainte de la critique. Ses récentes positions sur le Grand Paris sont à rebours de toutes les autres apportant, ici comme ailleurs, des éclairages stimulants pour l’action.
François Ascher était chevalier de la Légion d’Honneur et officier de l’Ordre du mérite.

Professeur à l’Institut français d’urbanisme dont il a été le directeur, François Ascher a été longtemps conseiller scientifique du Plan Construction (Ministère de l’Equipement), à la Datar et au Ministère de la Recherche ; il a créé Europan, fédération européenne de concours d’architecture nouvelle, ainsi que le Club Ville-aménagement, lieu d’échanges entre les grands aménageurs, l’Etat et la Recherche. Passeur entre le monde de la recherche et le monde de l’action, grand voyageur, il a monté des réseaux et des projets avec des collègues étrangers, dont plus récemment «l’Institut pour la ville en mouvement», avec le groupe PSA Peugeot Citroën, pour explorer les rapports entre mobilité et ville.

Le Grand Prix de l’urbanisme 2009 lui a été attribué pour 2009. Jean-Louis Borloo exprime ainsi les raisons du choix unanime du jury :
«Le jury a souhaité donner un signal fort au monde professionnel pour penser l’aprés-crise financière, sociale et environnementale. Je m’associe au jury qui salue la force d’anticipation de François Ascher sur les questions de gouvernance, de modes de vie, de grands territoires, d’impact de la mondialisation et des flux sur l’urbanisme, le rôle majeur de la mobilité et des nouvelles technologies – qualifiées de clean-techs- venant au secours des défis du développement durable, autant de concepts précurseurs qui ont joué un rôle notable pour alimenter les projets sur le Grand Paris et qui ouvrent des voies pour penser l’avenir».

Parmi ses nombreuses publications, on peut citer et des ouvrages sur les villes et l'urbanisme ("Métapolis", "La République contre la ville", "les nouveaux principes de l'urbanisme", "les nouveaux compromis urbains").
Il a également dirigé beaucoup d’ouvrages collectifs et participé à nombre d’entre eux : mais aussi beaucoup d'articles et de prises de position dans la presse grand public.

Demain la ville ? Urbanisme et politique, Éditions sociales, 1975;
Tourisme. Sociétés transnationales et identités culturelles, Éditions de l'Unesco, 1984;
Les territoires du futur. Datar/Éditions de l'Aube, 1993, (en collaboration) ;
Métapolis ou l'avenir des villes, Éditions Odile Jacob, 1995
Le logement en questions, Éditions de l'Aube, 1995 (direction)
Ville et développement. Le Territoire en quête de sens. Éditions Textuel, 1998 (en collaboration) ;
La République contre la ville. Essai sur l'avenir de la France urbaine, l’Aube, 1998
Quand les transports publics deviennent l'affaire de la cité. Parlons en avec la RATP, Aube, 1999 ( en collaboration) ;
La société hypermoderne. Ces événements nous dépassent, feignons d'en être les organisateurs, l'Aube, 2001-2005 nouv.éd.;
Les nouveaux principes de l'urbanisme. La fin des villes n'est pas à l'ordre du jour, L'Aube, 2001 –poche 2004 et 2008 ;
Modernité : la nouvelle carte du temps, l'Aube/Datar, 2003 (co-direction Francis Godard)
Les sens du mouvement. Modernité et mobilités, Éditions Belin, 2005 (co-direction S. Allemand et J. Lévy)
Le mangeur hypermoderne. Une figure de l’individu éclectique, Éditions Odile Jacob, 2005 ;
Examen clinique : Journal d’un hypermoderne, Editions de l’Aube, 2007 ;
La société évolue, la politique aussi, Editions Odile Jacob, 2007 ;
La rue est à nous... tous !, Éditions au Diable Vauvert, 2007, co-dir Mireille Apel-Muller ;
Les nouveaux compromis urbains : Lexique de la vie plurielle, Editions de l’Aube, 2008.
Effet de serre, changement climatique et capitalisme cleantech, Revue Esprit, février 2008

Colloque « La sérendipité dans les sciences, les arts et la décision »
Dirigé par Pek Van Andel et DanièleBourcier
Centre culturel international dee Cerisy-La-Salle, juillet 2009
Table ronde en hommage à François Ascher

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Animée par Sylvain Allemand
Avec Georges Amar, Mireille Apel-Muller, Alain Bourdin, Xavier Fels, Édith Heurgon et Jacques Levy
Programme

Conférence « Le mouvement dans les sociétés hypermodernes »
François Ascher, Université de tous les savoirs, Paris, janvier 2006
http://www.canal-u.tv/content/view/videos/80070

Conférence à l’occasion du colloque « Ville et environnement »
François Ascher, Séoul, Corée, octobre 2007

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